Maison passive constructeur

Construire une maison passive

Aperçu d'un bâtiment Passif au 20h TF1

Immeuble de logement sociaux au standard Passivhaus, ossature bois et isolation botte de paille !

Reportage à voir...

http://videos.tf1.fr/jt-we/ecologique-et-economique-visitez-le-logement-de-demain-7941500.html

L’intérêt de construire une maison passive

La maison passive encore appelée « low-energy-house » attire de plus en plus d’adeptes, une situation qui s’explique par le fait qu’elle dispose d’une faible consommation d’énergie. L’engouement que connait ce type d’habitation est apparu il y a à peu près dix ans. C’est surtout en termes de chauffage que cette construction se démarque des autres.

La consommation d’énergie

La maison passive est une maison qui consomme très peu d’énergie et il s’agit ici d’utiliser des techniques passives pour permettre aux habitants d’économiser un maximum d’énergie. Pour cela, il indispensable de bien étudier l’orientation de la maison et l’emplacement des ouvertures. Cela est indispensable, car ce sera surtout l’énergie solaire qui sera le plus sollicitée.

Dans ce cas, on parle de bioclimatisme où il faudrait optimiser les éléments de capture des rayons du soleil. Il est même conseillé d’opter pour une véranda bioclimatique. Il serait aussi judicieux d’adapter les pièces afin de permettre une meilleure circulation de l’air dans tout le bâtiment.

L’autre point essentiel pour l’économie d’énergie est le fait d’accroitre l’isolation de la construction. Pour cela, il faudrait multiplier les ouvertures sur la partie qui est le plus exposée au soleil et faire le contraire sur les parties moins exposées.

Cependant, afin de permettre de garder plus de chaleur dans le bâtiment, il est conseillé d’opter pour les fenêtres à triples vitrages. En ce qui concerne les éléments d’isolation, ils devront être d’une épaisseur de 10 cm environ. Tout cela permettra de garder la chaleur apportée par le soleil qui sera très utile pour réchauffer l’habitat lorsque la nuit tombe. La chaleur dégagée par les habitants permettra aussi de garder une température stable dans la maison.

Le cout de la construction amorti dans le temps

Il faut savoir que la construction d’une maison passive nécessite un investissement très important que pour les maisons ordinaires. Ceci est dû au fait que les matériaux qui seront utilisés dans la construction coûtent cher. Il faut effectivement un temps considérable pour la fabrication de certains éléments. C’est notamment le cas pour ceux qui sont utilisés pour accroitre l’isolation du bâtiment.

De plus, la demande n’est pas encore très importante dans le domaine c’est pour cela que les matériaux ne sont pas encore produits en série. Pour pouvoir en acquérir, il faut donc débourser une somme d’argent assez importante.

Même si le prix d’acquisition d’un tel bien est assez élevé, les bénéfices qui en découleront ne sont pas moins importants. Les spécificités de la maison permettront donc aux propriétaires de faire une économie considérable en termes d’énergie.

Des avantages fiscaux

Les maisons passives disposent aussi beaucoup d’avantages au niveau fiscal, une situation qui se voit surtout sur les réductions d’impôts. Une exonération de la taxe foncière partielle ou totale sur 5 ans minimum.

Un crédit d’impôts sur les équipements utilisant des énergies renouvelables. Et même des aides régionales sur certains équipements.

Vous bénéficiez du prêt à taux zéro et une augmentation de COS (coefficient d'occupation des sols) jusqu'à 20 % supplémentaire.

Pour ce qui est des maisons qui ont une certification Zéro-énergie, elles bénéficient d’une réduction d’impôt qui peut atteindre 1700 euros. Ce sont les bâtiments qui ne consomment que 15 kWh/m2 qui peuvent avoir cette certification.

Rappel sur les différents labels de construction

Tout d'abord il s'agit de distinguer les différentes valeurs de calculs pour l'énergie :

  • Energie utile (Eu) (ce qui sert vraiment)

Besoin énergétique brut, c'est-à-dire l’énergie nécessaire pour satisfaire un besoin. On inclut donc au calcul les différentes déperditions thermiques, le renouvellement de l’air, les ponts thermiques, et tous les apports thermiques (solaire, métabolique, machine).

  • Energie finale (Ef) (ce qui sera facturé)

C’est le besoin brute multiplié par le rendement de l’équipement de production par exemple le chauffage.

  • Energie Primaire (Ep) (représente le coût environnemental)

C’est le coût énergétique global. L’énergie primaire prend en compte l’énergie consommée et l’énergie qu’il a fallu dépenser pour obtenir  cette énergie.

Les différents Labels en France :

  • RT 2005 RT 2012

S’applique : aux bâtiments neufs, aux bâtiments de superficies importantes (≥1000 m2).

La réglementation thermique est une performance minimale légale à atteindre pour les constructions neuves.

  • Bâtiment tertiaire et logements en zone ANRU (28 octobre 2011)
  • Maisons individuelles et logements (01 janvier 2013)

Pour plus d’information : www.rt-batiment.fr

  • BBC-Effinergie

Le Label BBC-Effinergie est la suite logique de la RT2005,  en effet le 1er janvier 2013 le Grenelle de l’environnement a pour ambition de généraliser la norme sur les nouveaux bâtiments. Cela représente une baisse de la consommation estimée à un tiers de moins.

Le label BBC-Effinergie est un étalon pour la RT 2012 ; ce label évoluera avec la nouvelle RT vers les BEPAS (bâtiment passif) et BEPOS (bâtiment à énergie positive)

Ce label BBC est <=> classe A énergétique (modulé selon la localisation du projet)

Possibilité de majoration du PTZ et aides spécifiques de la région .

Pour plus d’information : www.effinergie.org

  • Minergie

Minergie est un label Suisse qui garantit la performance énergétique des bâtiments :

38 kWh/an/m² d’énergie primaire (chauffage, ECS et ventilation) en neuf et 60 kWh/an/m² en rénovation, tout en maîtrisant le niveau des investissements.

On compense des défauts du bâtiment par des équipements et des choix énergétiques.

Le référentiel de la certification Minergie s’applique aux bâtiments neufs ou existants :

  • Maisons individuelles
  • Logements collectifs et individuels groupés
  • Bâtiments d'enseignement
  • Immeubles de bureaux
  • Bâtiments publics...

Pour plus d’information :  www.minergie.fr/

  • Passiv'haus

Passiv’Haus garantit la performance énergétique des bâtiments avec un climat intérieur agréable en hiver comme en été sans installation de chauffage ou de refroidissement conventionnelles(pour bâtiment très optimisé : moins de systèmes) .

L’objectif général est de limiter la consommation à :

15 kWh/m²/an en besoin (utile) pour le chauffage,

120 kWh/m²/an en énergie primaire pour le chauffage, l’ECS, la ventilation, l’éclairage, les auxiliaires et l’électroménager.

Le référentiel PassivHaus s’applique aux bâtiments neufs ou existants (EnerPhit) :

  • Maisons individuelles
  • Logements collectifs et individuels groupés
  • Bâtiments d'enseignement
  • Immeubles de bureaux
  • Bâtiments publics...

Pour plus d’information : http://www.passiv.de

Source : http://www.excen.fr

Différences entre maison passive et maison BBC

Maison Passive VS Maison BBC

Il est est évident qu'à l'heure actuelle, cette question est d'actualité. On pourrait penser que la différence de 35 kWh/m2 par an ne représente que très peu d'écart et que les économies seront minimes. Hors la réalité est bien plus compliquée que cela...

En fait tout est différent.

- Les calculs thermiques pour une maison passive sont basés sur le logiciel PHPP, alors que pour le BBC c'est la bonne vieille table de calcule de la RT 2005. Les résultats diffèrent donc très sensiblement. En moyenne on peut considérer que 15 kWh en passif équivalent à 90 kWh en BBC. Sans compter que pour la norme BBC on peux allègrement retirer 12 kWh si l'on installe du photovoltaïque. ?!

Voici un article rédigé en juin 2011 par Baptiste Camus du "Pôle de compétence de l'habitat"

Ce que la comparaison des labels Passivhaus et BBC nous apprend sur les faiblesses de la méthode de calcul thermique réglementaire


Toutes les semaines de nouveaux retours d’expériences significatifs sur le BBC apparaissent. Tous font le même constat : les valeurs-objectifs de consommation énergétique sont dans les faits dépassées.
Comportement des locataires, température de référence, mise en œuvre, entretien et maintenance, variations climatiques… les raisons de ce différentiel entre objectifs de consommation conventionnelle et réalité des consommations sont nombreuses et bien connues.
Chaque jour, le savoir de la chaine de valeur du bâtiment progresse vers l’amélioration de ces faiblesses et vers l’obtention de performances réelles. Citons par exemple les deux articles récents du Moniteur qui se fondent sur une excellente étude d’Enertech et qui répertorient les défauts de conception, de mise en œuvre et de gestion du chauffage d’une part et de la ventilation d’autre part.

Un facteur essentiel nous parait pourtant bien souvent mis de côté : les partis-pris du calcul thermique de la méthode réglementaire.

Photo thermique de la Clairière, bâtiment Passivhaus du Foyer Rémois

Malgré leurs conséquences négatives sur la qualité de la conception des bâtiments BBC, nombre de ces partis-pris ont été repris dans l’élaboration de la RT 2012. Il est possible d’analyser les défauts du calcul réglementaire en observant les différences entre cette méthode et la méthode PHPP du label allemand Passivhaus dont les retours d’expériences démontrent l’effectivité des résultats. Si cette étude n’est pas révolutionnaire elle permet néanmoins de balayer l’idée assez répand

ue que le « BBC est plus exigeant que le label Passivaus » sous prétexte que l’un vise une performance moyenne de 50 kWhep/m2 pour les 5 usages alors que le second ne vise « que » 120 kWhep/m2 pour l’ensemble des usages (« soit, en retirant les appareils électroniques, environ 70 kWhep/m2 » précisera le commentateur averti qui pense que cela reste inférieur aux exigences du BBC).

Nous avons ainsi répertorié certaines différences qui mènent à penser que le calcul Passivhaus est plus proche de la réalité physique que le calcul réglementaire utilisé notamment pour la construction BBC. Les voici par ordre d’importance :

  1. La température de référence est fixée à 20°C dans le cas du PHPP alors que le modèle français prend en compte 19°C. On sait la température réelle observée dans les logements plus proche de 21°C.
  2. Contrairement au logiciel PHPP où il est obligatoire de rentrer toutes les valeurs unitaires, le logiciel réglementaire permet d’insérer des valeurs par défaut pour un grand nombre d’éléments notamment pour les réseaux. Loin d’être systématiquement pénalisantes (comme de nombreux BET le pensent), ces pertes thermiques associées à la conception des réseaux peuvent avoir des conséquences extrêmement pénalisantes sur la performance réelle.
  3. De la même manière, les ponts thermiques sont calculés succinctement par la méthode française, sur la base de catalogue de situations typiques. Cela conduit généralement à les sous-estimer. Les ponts thermiques inférieurs à 0,05 kW sont ainsi négligés par le PHPP alors que la méthode réglementaire française met de côté tous les ponts thermiques inférieurs à 0,1 kW.
  4. L’étanchéité à l’air n’est pas prise en compte de la même manière : alors que l’indicateur n50 utilisé pour le Passivhaus prend en compte le volume chauffé du bâtiment, le label BBC retient l’indicateur i4 qui favorise (ou ne défavorise pas du moins) les formes les moins compactes de bâtiments en dehors de toute réalité physique. Il a été constaté que l’objectif du Passivhaus (n50≤0,6) est en moyenne 2 fois plus exigeant que l’objectif du BBC pour du collectif, et 4 fois plus pour de la maison individuelle (i4≤0,6). L’excellent ouvrage du CETE de Lyon sur l’étanchéité à l’air montre d’ailleurs qu’un n50 de 0,6 correspond, en moyenne, à un i4 de 0,2 (p28).
  5. Les gains internes liés aux activités humaines sont estimés à 2,5W/m2 dans le calcul réglementaire français alors que cette valeur est limitée à 1,2W/m2 pour le label Passivhaus.
  6. Les coefficients de conversion énergie primaire en énergie finale sont différents, ce qui est plutôt naturel pour l’électricité (les mixs énergétiques n’étant pas les mêmes) et compréhensible pour les autres énergies. Cependant, avec un facteur de conversion de 2,7 pour l’électricité et de 1,1 pour le gaz et le fioul, le Passivhaus est plus exigent que notre norme.
  7. Contrairement à notre méthode nationale, le PHPP ne prend pas en compte la résistance thermique des volets. Il peut paraître en effet assez logique de ne pas présumer de la fermeture systématique de tous les volets toutes les nuits par les occupants même si cela peut être discuté. En revanche la consommation par défaut des ventilateurs utilisée par la méthode réglementaire paraît surestimé compte tendu des moteurs basse consommation aujourd’hui sur le marché.
  8. Les débits d’air obligatoires sont plus élevés en France qu’en Allemagne pénalisant ainsi la ventilation double flux. Ceci dit cette différence est à mettre au crédit de la législation française ; compte-tenu de la pollution intérieure, des défauts de réglage et d’entretien, il serait insensé de diminuer les débits d’airs réglementaires.

La plupart de ces différences sont liées au fait que contrairement au PHPP, la méthode de calcul réglementaire n’a pas pour objectif premier de calculer la performance énergétique réelle des constructions ainsi qu’il est rappelé dans le texte réglementaire :

« La méthode de calcul Th-B-C-E 2012 a pour objet le calcul réglementaire des coefficients Bbio, Cet Tic. Elle n’a pas pour vocation de faire un calcul de consommation réelle compte tenu des conventions retenues »

Cependant, il est évident que nos maîtres d’œuvre utilisent la méthode réglementaire comme un outil de conception et, en tant que maîtres d’ouvrages, nous avons besoin de disposer d’éléments d’objectivation tel que la consommation conventionnelle, ne serait-ce que dans notre communication avec les tiers.

En plus de s’assurer de la bonne réalisation des travaux, de la qualité de l’exploitation et de l’entretien des systèmes, et d’accompagner les locataires à une utilisation adaptée de leurs logements, le bailleur social doit s’assurer de la bonne réalisation de l’étude thermique. Ainsi, Delphis travaille actuellement à la l’élaboration d’un cahier des charges d’audit thermique qui réduise les écueils exposés.

Il n’est pas ici question de faire du jusqu’au-boutisme environnemental pro-Passivhaus, la mission première des bailleurs sociaux est de construire pour le plus grand nombre : le mieux-disant sociétal se situe évidemment dans l’optimum coûts de construction / performance (notamment) énergétique. Or il n’est pas encore possible économiquement de généraliser la construction passive sans remettre en cause notre capacité à répondre à la crise du logement. Cependant, en tant que maîtres d’ouvrage, il est important que nous disposions d’outils performants. Sans cela, nous courrons un double risque : nous mettre dans l’incapacité de réaliser nos promesses de performance ou imputer systématiquement et de manière infondée la « surconsommation » d’énergie aux locataires.

En conclusion, le changement viendra peut-être en investissant plus sur une maîtrise d’œuvre de qualité (donc mieux rémunérée) pour réduire les coûts en phase de réalisation et d’exploitation.

Source : Delphis, Pôle compétence